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Un petit malin

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gare

Il y a quelque temps, la fanfare d’une petite ville prenait le train pour se rendre au chef-lieu du département où avait lieu un concours de musique. A un changement de train, ils ne trouvèrent pas de place : tous les compartiments étaient bondés.

Attendez, déclara le chef, j’ai un truc.

Coiffé de sa casquette galonnée, il se dirige vers la queue du train :

Ce wagon reste en gare ! Tout le monde descend ! 

Les voyageurs descendent précipitamment et… la fanfare s’installe à leur place.

Un quart d’heure se passe…

Nous devrions être partis, déclare un musicien.

On regarde par la portière : le wagon est seul sur la voie. On descend, on s’explique et on apprend qu’un nouvel employé, ayant pris le chef de musique pour un important personnage de la Compagnie, avait détaché le wagon.

Depuis, les musiciens n’ont plus aucune confiance dans les trucs du chef !

« Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous. »  Clermont-Ferrand, 1938.

Wagons aménagés

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train-wagonsCe fait-divers, pour finir cette année 2015, est l’histoire de voyageurs qui ne se fâchèrent pas outre mesure du mauvais traitement que leur fit subir la Compagnie en les traitant comme des veaux. Ils prirent même le parti d’en rire… et d’en mugir !

A l’occasion des fêtes de l’Assomption, la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, avait comme on le sait, organisé des trains de plaisir pour le Havre. En trois jours, cette Compagnie a transporté plus de cinquante mille voyageurs. C’est dire que tout le matériel de la voie était employé. Aussi se vit-elle obligée pour transporter les voyageurs, se rendant du Havre à Montivilliers, d’employer trois des wagons dits « aménagés ». Ce sont des wagons à bestiaux dans lesquels on place des banquettes et qui peuvent servir en cas de mobilisation.

Les voyageurs peu flattés des voitures dans lesquelles on les avait placés, crurent devoir témoigner leur mécontentement en imitant le cri des bestiaux dont ils occupaient les wagons. Ceux qui avaient commencé par se fâcher, firent bientôt comme leurs compagnons, et tous les voyageurs criaient à tout bout de champ et à tous propos « meu… meu… » et les rires d’éclater !

Un employé venait-il demander un billet pour le contrôler que tous les voyageurs à la fois répondaient en criant : « Meu… meu… »

Le chef de la gare de Montivilliers que ces mugissements avaient agacé eut le mauvais esprit de se fâcher et voulut faire taire les mugissements. Il demanda lui-même les billets à la porte de sortie, mais le premier voyageur qui se présenta lui répondit : « Meu… meu… » Puis jugeant, en sa qualité d’animal, qu’il ne pouvait sortir par la porte des voyageurs, il se précipita vers la cour des marchandises où tous les autres voyageurs le suivent en criant : « Meu… meu… »

La colère du chef de gare est à son paroxysme, il veut verbaliser ; il appréhende un voyageur au collet et lui demande ses noms. « Meu… meu… » répond ce dernier. Les assistants voyant un des leurs aux prises avec ce fonctionnaire se précipitent sur celui-ci, l’écartent à coups de tête et finissent par pouvoir sortir de la gare par la porte réservée aux bestiaux.

Le chef de gare, affolé, vient, dit-on d’adresser une demande à l’administration de la Gran plaza de toros de Paris, pour être engagé comme toréador. Ce sera un début à sensation.

« La Joie de la maison. » Paris, 1892.

Qu’on se le dise !

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gare

La direction des chemins de fer vient de décider que, pendant la prochaine saison des voyages, tous les chapeaux de curé de plus de 80 centimètres de diamètre seront considérés comme roues de bicyclettes ou de chars dont on leur appliquera le tarif. Ils devront donc être déposés aux bagages.

La raison en est que ces chapeaux sur les têtes des ratichons empêchent les voyageurs de contempler le paysage.

Le voilà, le « chapitre des chapeaux »

« Almanach de La Calotte. »  Paris, 1911.

Le plus jeune mécanicien du monde

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Hume Gibson Richards, connu sous le nom du « mécanicien nabot », est une véritable personnalité en Amérique.

A l’âge de quatre ans, il était capable de conduire un train sur l’une des plus longues voies ferrées, celle de l’Union Pacific, et si ce travail ne lui fut pas confié par la Compagnie, c’est que certains voyageurs mal embouchés auraient peut-être trouvé à redire à une responsabilité aussi grande entre les mains d’un enfant.

 Hume Gibson Richards connaissait toutes les parties d’une locomotive et se trouvait aussi bien à dormir auprès d’une chaudière que sous les rideaux de son petit lit.

Une vitesse de 82 à 99 kilomètres à l’heure, de jour ou de nuit, ne l’effrayait point et il était à cette époque le plus grand petit homme des Etats-Unis.

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Il est aujourd’hui âgé de douze ans et a été embauché par l’Union Pacific, sur les lignes de laquelle il a fait jadis ses premières armes.

Il se trouvait avec le mécanicien sur la machine d’un express qui, le 2 juin 1899, fut attaqué par six bandits armés. Ceux-ci firent à la dynamite le wagon qui contenait la malle et d’énormes sommes.

Hume Gibson Richards ne s’en montra pas plus surpris, car ces attaques à main armée sont encore fréquentes dans les Etats de l’Ouest.

D’ailleurs, sous ce rapport, nous n’avons rien à leur envier et il n’y a pas si longtemps que des forbans tentèrent de faire dérailler l’express de Paris-Bâle.

La Compagnie avait offert une prime de 90.000 francs à qui s’emparerait des voleurs, morts ou vivants. Mais il ne furent jamais découverts et purent ainsi échapper à la justice après s’être emparés de sommes évaluées à un total variant de 325 à 600.000 francs… on ne sut jamais au juste.

« Le Voleur illustré : cabinet de lecture universel. » Paris, 1907.

Le cheval poursuivi par une locomotive

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Pas banal, le match de vitesse auquel des voyageurs d’un train sur la ligne du Nord ont pu assister ces jours derniers.

Un boucher de Pérenchies, était entré dans un estaminet, laissant son cheval attaché à la porte. Le cheval s’impatientait… Tout à coup, l’idée lui vint d’aller faire une petite balade sans son cavalier.

D’un bond, il franchit la barrière du chemin de fer, s’engagea sur la voie, joyeusement, et galopa sur les rails. A ce moment arrivait le train de Lille. Le cheval, entendant du bruit derrière lui, se retourna, aperçut la locomotive, la toisa un instant, puis reprit son galop en avant pour montrer que lui aussi savait courir.

« Soyons bons pour les animaux », dit la devise, à laquelle le brave mécanicien se conforma. Il régla la vitesse habilement sur celle de l’animal, pour ne pas l’écraser, et celui-ci courut ainsi sur la voie jusqu’à la gare du Quesnoy-sur-Deule, où, à bout de souffle, il se laissa, capturer.

Le train avait sept minutes de retard, mais les voyageurs, amusés, ne s’en plaignirent pas et félicitèrent vivement le mécanicien de son bon geste !

« Le Petit Journal illustré. » Paris, 1913.

       

Une bonne blague

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Il est des plaisanteries aussi vieilles que stupides, auxquelles leurs peu inventifs auteurs devraient bien renoncer s’ils ne veulent pas s’exposer à des regrets cuisants. Témoin le fait suivant survenu il y a quelques mois en Espagne, sur la ligne de Séville à Cordoue.

Dans un compartiment étaient réunis quelques étudiants qui faisaient grand tapage, sans s’inquiéter du sommeil de leurs voisins encore endormis. Un crâne, emporté d’un amphithéâtre, circulait de main en main, au milieu des quolibets et des rires.

Tout à coup, l’un d’eux s’avisa d’en faire une bien bonne aux voyageurs du coupé voisin. Il planta le crâne au bout d’une canne, drapa autour une serviette, extraite d’une valise, et présenta cet épouvantai! à la portière de ceux qu’il voulait mystifier.

Bien qu’il  fît encore nuit, ceux-ci, dérangés par leurs turbulents compagnons, venaient de se réveiller, et l’impression dut être terrible. A l’apparition de ce spectre ricanant contre la glace, une triple exclamation d’épouvante sortit du coupé. Puis, ce fut un silence lugubre.

Les auteurs de cette farce macabre, inquiets de ce mutisme, soupçonnèrent bien un peu qu’ils avaient dépassé la mesure. Toutefois, ils ne prévoyaient pas l’effrayant spectacle qui les attendait à Cordoue.

Des trois voyageurs occupant le coupé, une jeune dame était morte, une autre, plus âgée, se tordait par terre dans d’horribles convulsions. Quant au troisième, un vieillard, il était devenu fou.

Nos joyeux étudiants allèrent sur-le-champ se constituer prisonniers et seront poursuivis pour homicide. Mais leur condamnation, légère ou grave, ne rendra ni la vie, ni la raison aux victimes de cette lugubre plaisanterie.

« Gazette de France. »  Paris, 1903.

Un train arrêté par l’huile de foie de morue

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Tout le monde sait que l’huile, filée à propos, possède la propriété précieuse de calmer les plus furieuses tempêtes, d’arrêter les flots dé- montés. Elle peut aussi arrêter les trains… Du moins c’est le cas qui s’est produit il n’y a pas longtemps sur la ligne P.-L.-M. entre Bellegarde et Genève. Ce fait, probablement unique en son genre, vaut la peine d’être raconté.

Tous les jours, un train de marchandises part de Bellegarde pour Genève; or, il advint que, dans un des wagons de ce train, un fût laissa échapper l’huile de foie de morue qu’il contenait. Cette fuite peu importante échappa au regard des employés. Cependant le gluant liquide faisant nappe déborda le plancher et vint tomber directement sur le rail.

Cet accident n’eut aucune influence sensible sur la marche de ce premier train, mais il en fut tout autrement avec le train suivant, le train de voyageurs n° 451 qui part de Bellegarde à 5 h. 43 du matin.

Dès que la locomotive arriva sur le rail huilé, elle se mit à patiner et n’avança qu’avec une difficulté extrême. Vainement le mécanicien forçait de vapeur. Il fallut que les employés du train intervinssent. Ces messieurs s’armèrent de pelles, jetèrent du sable sur le rail et c’est en accomplissant ce service de cantonnier qu’ils firent une partie de la route, tenant pied sans peine au train qui, sans cela, fût resté en panne.

« Magazine français. » Paris, 1903.