traitement

Les apothicaires

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apothicaire

On vient de retrouver, dans la collection Joly de Fleury, le mémoire des médicaments qui furent fournis au prince de Condé, fils du Grand Condé, par les apothicaires du corps du roi dont le premier s’appelait Biet.

Le prince de Condé fut assez longtemps malade, puisque le mémoire parle de médicaments livrés le 2 septembre 1708, lendemain du jour où le prince s’alita, jusqu’au 31 mars 1709 où il mourut.

Il avait trois médecins : Finot, Chauvin, Morel, qui commencèrent par lui administrer de la tisane faite avec du riz, du raisin, de la guimauve et du sucre candi, sans préjudice des clystères réitérés avec l’huile de bœuf dont ils l’attaquaient de l’autre côté… Hélas ! cela ne réussissait pas, et on eut recours à un quatrième médecin, Helvétius, qui conseilla le traitement avec de l’hyacinthe. Ce traitement ne réussissant pas encore, on administra au prince de l’eau de pavot, de la tisane de cornes de cerf, de l’ipéca, de raisins, des jujubes, de la réglisse, de la mauve, de la racine de gui, etc….

Il n’en mourut pas moins le 31 mars 1709, et d’après le mémoire des médecins, « il succomba à la maladie dont il souffrait ». Il y avait quelques années que Molière avait constaté, avec la Faculté que, quand une jeune la fille ne parle pas, c’est qu’elle est muette.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.

Cure anglaise

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buveur

Les voilà qui, non contents d’avoir introduit dans nos moeurs les ablutions extérieures à l’eau froide, essaient maintenant de nous faire laver journellement nos intestins à l’eau chaude !

Nos voisins anglais n’y vont pas de main morte et, pour être dans le mouvement… hygiénique, il faudra se résigner désormais à déguster une chopine d’eau chaude quelque temps avant chacun de nos repas, afin de «rincer» consciencieusement les vingt mètres de boyaux qui s’entortillent aussi bien sous le galbe d’une idéale beauté que sous le monstrueux embonpoint d’un bon vivant sexagénaire.

Déjà, il y a quelques années, on parla un peu de cette doctrine, au moment où le docteur Salisbury, un Américain, la fit connaître pour la première fois, mais sa grande vogue en Angleterre date de la cure de mistress Stuart qui utilise ses forces retrouvées à la propagande du nouveau traitement.

Les volumes de mistress Stuart se vendent, dans les diverses possessions de la Grande-Bretagne, par des milliers, qui rivalisent en nombre avec les productions de Zola. Sur toutes les devantures, dans tous les salons et jusque sous l’oreiller des vieilles filles légendaires de la chaste Albion, on voit de gentilles bouillottes écumantes ornant les gracieuses reliures anglaises qui portent ce titre séduisant : Que faire pour guérir et comment conserver sa santé ?

En quoi consiste ce fabuleux traitement ? Nous allons vous le dire :

La recette est toute simple : laver ses intestins à l’eau chaude plusieurs fois par jour.

Si vous êtes malade ça vous guérit, si vous ne l’êtes pas ça vous tient en bonne santé. Mais, Messieurs, ne vous croyez pas autorisés à additionner votre eau chaude de sucre, de citron et de brandy. Nous disons eau chaude pure et bientôt à la terrasse des cafés retentira, avec le boum traditionnel cet annoncez nouveau : « Trois eaux chaudes biens tirées, trois ! »

« La Joie de la maison. »  Paris, 1892.