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Les chiens dans les autobus

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Confirmant la décision de la commission des transports, le Conseil général a autorisé l’admission des chiens de petite taille dans les autobus et tramways, mais faut-il encore qu’ils soient enfermés dans un panier susceptible d’être tenu sur les genoux du voyageur sans gêner les voisins. 

Cette autorisation est aujourd’hui subordonnée au décret que le préfet de la Seine devra signer dans quelques jours. Ce n’est guère avant une quinzaine que les petits chiens auront accès dans les autobus. milouBob est un petit chien rageur et mal élevé comme, du reste, la majorité des fox, et pour lequel j’ai des faiblesses. Par respect pour moi, je ne vous dirai rien des nombreux méfaits dont il se rend quotidiennement coupable. 

Quand je sors avec Bob, je vais à pied, naturellement, puisque je l’accompagne et si notre promenade nous a conduits un peu loin du domicile, nous rentrons tout doucement. Je n’ai rien de commun avec ces barbares qui sautent dans d’autobus et qui laissent le chien s’époumoner derrière la rapide voiture au risque de le voir se laisser écraser dans quelque encombrement. J’ajoute cependant qu’à différentes reprises, j’ai pris un taxi parce que Bob refusait obstinément de poursuivre notre chemin. 

— Pauv’ Loulou à son vieux pépère ! L’étaient fatiguées, les petites papattes !… 

Désormais, et que nos dirigeants soient loués, les chiens, les petits chiens peu  encombrants seront tolérés dans les voitures des transports en commun. 

Crois-tu, mon petit chienchien, quelle chance. On pourra prendre le tramway tous les deux et tu paieras ta place comme un vulgaire bourgeois, mais auras-tu le droit de l’occuper ? 

Ouah ! ouah !… 

Et Bob, qui a fort bien compris, cligne malicieusement un œil. Je crains fort d’avoir avec lui quelques surprises désagréables : si le sac de la dame d’en face le tente, il est capable de le lui demander assez brutalement, si le chapeau de ma voisine lui plaît, qu’arrivera-t-il, s’il décide bruyamment de jouer avec ? 

Et si l’envie lui prend de lever la patte?… 

« La Presse. » Paris, 1926.

Chien de guerre

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renard-terry-fanLe chien à la mode, c’est le renard ! Encore les guerriers qui auront amené à l’arrière cet hôte incommode aux civils. 

Le permissionnaire, ayant apprivoisé au fond des bois quelque renardeau, l’emporte à Paris. Le chef de train, la receveuse de tramway tolèrent à côté du soldat la présence du renard : vous ne voudriez pas que la marraine fût moins accueillante pour le compagnon de son filleul que la receveuse de tramway ou le chef de train ? La marraine dorlote le renard, lui donne des friandises, l’installe au salon, et il y reste. 

Et voilà toute l’histoire de sa fortune insolente. 

Constatons que le renard était né pour devenir un chien d’appartement. Il porte le collier avec grâce, se montre docile et affectueux. 

Ajoutons qu’il ne fait courir aucun risque à notre garde-manger. Il serait dur, en ces temps de vie chère, de le nourrir avec des poules ou même avec des œufs. Mais la maîtresse de la maison est là pour lui imposer des restrictions. 

Et le renard se résigne, patriotiquement, au menu pacifique de la guerre. 

« Excelsior. » Paris, 1917.
Illustration : Crazy Like a Fox by Terry Fan.

Les joies de la banlieue

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Les habitants de Montmorency sont fiers de leurs cerisiers, ceux de Nanterre, de leurs rosières, et ceux d’Argenteuil de leurs asperges. Romainville a mieux que des cerises, des rosières et des asperges. Elle a un tramway. 

Et de ce tramway, elle s’enorgueillit à juste titre. On le montre aux étrangers comme un objet de curiosité. Ce tramway a ceci de particulier qu’il a deux voitures qui passent, selon qu’elles sont attelées à l’avant ou à l’arrière, dans deux rues différentes. L’une porte le n° 36, l’autre le n° 93. 

Chaque matin, les habitants se mettent aux fenêtres. Le spectacle est, en effet, très amusant. A la station, des « voyageurs » attendent. Ignorants des coutumes locales, ces pauvres gens s’installent dans le premier tramway venu, sans regarder, au préalable le numéro de la voiture. Et, à leur grande surprise, au lieu d’aller directement à Paris, ils sont véhiculés soit rue de Paris, soit avenue de la République. 

Les Romainvillais, gens avisés, ont tiré profit de la situation. N’ayant pas de casino (les jeux de hasard sont interdits) ils jouent « au tramway ». 

 — Je mise sur le 36 !
— Et moi sur le 93 !

Le Tramway est devenu  le Pari Mutuel de Romainville. Les distractions sont si rares
en ce moment !

« La Grimace. » Paris, 1917.

Le tramway de Monsieur le Président

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M. le conseiller Thomas, qui préside la Cour d’assises de la Seine, habite 19 avenue Bosquet.C’est par le tramway Champ de Mars-Bastille que d’ordinaire, économiquement, il se rend au Palais.

Pour ce Cincinnatus de la magistrature, l’idéal de la vie luxueuse consiste à avoir une auto. Lorsqu’un accusé, coupable d’avoir dérobé à son patron d’importantes sommes d’argent, comparaît devant les jurés, M. Thomas se préoccupe immédiatement de la question de savoir si, au temps de sa splendeur éphémère, cet accusé n’avait pas une automobile. Il ne manqué jamais de « tiquer » sur ce détail-pierre de touche.

Au cours d’un récent interrogatoire, il disait à l’accusé : 

Vous avez dépensé 60.000 francs en six mois… Vous meniez une vie luxueuse… vous aviez une automobile ! Moi, je n’ai pas d’auto et je ne me sens pas dans la nécessité, pour obtenir l’estime de mon entourage, d’en avoir une.

Il y avait, dans l’expression de cette satisfaction de l’honorable président, quelque chose de hautainement méprisant à rencontre des malheureux réduits à avoir une auto tout à la fois pour ne pas voyager en tramway et pour obtenir l’estime de leur entourage.

C’était la revanche, depuis longtemps attendue, du tramway contre l’auto.

« Le Strapontin. » Paris, 1917.

 

Plus fort qu’Harpagon

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picsou

Ce rentier de Lille qui avait oublié une somme de 90.000 francs dans un tramway, offrit une pièce de quarante sous à l’honnête employé lui rapportant celle fortune.

Le commissaire de police ouvrit une enquête et apprit que cet avare, titulaire d’un gros compte en banque, recevait des secours du bureau de bienfaisance ! Bien entendu, il sera rayé des listes de nécessiteux. Mais le brave employé né touchera pas pour cela plus que les quarante sous qui lui ont été offerts.

Ce qui prouve la nécessité d’une taxe obligatoire, proportionnelle à la valeur de l’objet trouvé, fonctionnant au bénéfice de celui qui le restitue. Allons, messieurs les parlementaires, qui en prendra l’initiative ?

« Les Potins de Paris : politiques, financiers, théâtraux. » Paris, 1929.
Illustration : « Picsou. »  ©Walt Disney.

Sans réplique

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tramway.

En tramway. Il fait très froid : un voyageur veut fermer la porte par laquelle la bise revient sur ses oreilles. La receveuse s’y oppose sous prétexte qu’elle ne pourrait entendre le sifflet de la 2ème voiture.

Arrivé place de la République le voyageur encouragé par ce nom et s’inspirant de sesdroits immortels fait des observations au contrôleur de la puissante compagnie qui répond :

Mais Monsieur, si on fermait la porte, par où voudriez-vous sortir en cas d’incendie ? 

La Compagnie des tramways possède heureusement des employés aimables et spirituels. Mais ne pourrait-elle s’arranger pour concilier le bon fonctionnement du service, le bien-être des voyageurs qui la font vivre, et même, s’il lui plaît, l’esprit de ses fonctionnaires ?

« La Pince sans rire : chronique hebdomadaire de la vie nantaise. »  Nantes, 1920.