tranchées

Chat de tranchées 

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tranchees-ecpadUn  hôte illustre vient d’arriver au refuge de chats, de Colombes, un dédaigneux angora dont l’Histoire eût mérité d’être illustrée par Caran d’AcheCe chat, ramené à Paris par un soldat, compte deux années de front. 

Un bataillon l’avait découvert dans les ruines d’un village, et adopté. Notre matou apprit à manger du « singe », mais préféra toujours le rat. Il passait sa journée tapi dans la tranchée. Il se garait avec beaucoup de prudence des projectiles. Par exemple, quand les ombres du soir tombaient, plus moyen de le retenir ! Fanfan, le chat du régiment, parfait en  maraude ! 

Et là-bas, dans la tranchée en face, les Allemands le guettaient et rêvaient de civet
délicat ! Comment faire pour préserver Fanfan de la dent des ennemis ? 

Nos soldats eurent une idée. Ils entourèrent le cou-de Fanfan… d’un collier de cigarettes. Désormais, Fanfan devint tabou. Il allait et venait des tranchées françaises aux tranchées allemandes, comme s’il eût été muni d’un passeport pour Stockholm. 

Seulement, à son retour parmi les nôtres, Fanfan n’avait plus de collier. Une ficelle  entourait son cou, et un- papier, fixé à cette ficelle, implorait : 

— Chat rapporter cigarettes ?

« Excelsior. » Paris, 1917.
Photo d’illustration :  ECPAD

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