une voix sépulcrale

L’instruction au troisième degré 

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fantomeVoici un mode d’instruction judiciaire qui nous vient d’Amérique et qui, je le gage, ne saurait facilement prendre place dans notre Code d’instruction criminelle.

Il s’agit d’un magistrat de Los Angeles qui, pour obtenir les aveux d’un détenu, nommé J. H. Grondin, inculpé du meurtre de sa femme, n’avait rien trouvé de mieux que d’appeler à son aide un fantôme de l’Au-delà. Ainsi, il avait chargé une femme de revêtir un suaire et, au plus fort du sommeil du prisonnier, de réveiller celui-ci en prononçant d’une voix sépulcrale ces mots :

« Pourquoi m’as-tu assassinée ? »

Le prisonnier fut fort étonné et pas du tout ému, car il avait conscience de n’avoir fait aucun mal à sa femme. Le spectre ne put que se retirer, sans avoir obtenu le résultat attendu.

Mais l’avocat, ayant appris ce petit stratagème, fit quelque bruit et la carrière du magistrat qui imagina cet acte d’instruction « au troisième degré », est, paraît-il, très compromise.

« L’Écho du merveilleux. »Paris, 1914.

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