vaillance

Les bons et les mauvais vers

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arnal

Le poète-acteur Etienne Arnal, dans les rôles de Jocrisse, fit les délices des Parisiens au temps de Louis-Philippe. Il ne se payait pas d’illusions sur la gloire poétique. Mais la naïveté du public l’exaspérait.

Il paria un jour qu’il serait applaudi sur la scène en récitant les vers les plus plats et les plus ineptes. Il composa donc le quatrain le plus stupide qu’il put et, au moment fixé, s’avança vers le public, prit un temps, et de sa voix la plus chaude lança ces vers :

Jamais la peur ne fut de la vaillance,
Mille revers ne font pas un succès :
La France enfin sera toujours la France
Et les Français seront toujours Français…

Il avait à peine fini que la salle éclatait en un tonnerre d’applaudissements. L’acteur dut redire et redire encore ses vers et il pensait en lui-même :

« Donnez-vous donc du mal pour faire de bons vers : on ne les lira pas ! »

« Revue belge. »    J. Goemare, Bruxelles, 1926.

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