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Le mystère du Marie-Céleste est-il sur le point d’être éclairci ?

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mary-celesteGeorge Osborne, le héros de l’aventure du Girl-Pat, le prétend et, avec une expédition, va aller vérifier ses hypothèses.

De notre envoyé spécial permanent. Londres, 15 janvier 1939.

Le patron George Osborne qui, voici deux ans, effectua un voyage sensationnel à bord du Girl Pat vient d’annoncer son intention de reprendre la mer. Interviewé sur le but de son nouveau périple dans l’Atlantique sud, il révéla son désir d’éclaircir un mystère vieux de soixante-six ans, le mystère du brick Marie-Céleste.

C’est au cours de mon dernier voyage sur le Girl Pat que j’eus l’idée de m’occuper, dès mon retour, de l’énigme tenue pour insoluble de la disparition totale de l’équipage du Marie-Céleste, déclare M. Osborne.

Une énigme maritime

En 1872, à 300 milles à l’ouest de Gibraltar, un cargo anglais croisant dans les parages aperçut un voilier qui semblait aller à la dérive. Les voiles lâches battant les mâts, il semblait être uniquement dirigé par la force du courant. Intrigué, le capitaine du cargo fit mettre une chaloupe à la mer et, après les signaux d’usage, se dirigea vers le voilier. A bord du Marie-Céleste un spectacle ahurissant l’attendait. Personne sur le navire, ni à l’avant, ni à la proue. Dans le carré, sur la table centrale, les traces toutes récentes d’un repas. Les plats fumaient encore…

Accompagné de deux matelots, le capitaine visita le voilier de fond en comble : personne ! Mais sur le plancher du pont gisait un poignard sanglant !

Violemment. impressionné, le commandant fit prendre le navire abandonné en remorque et le ramena dans un port anglais. Une enquête fut ouverte pour retrouver l’équipage. Mais cette enquête n’aboutit jamais.

L’hypothèse d’Osborne

Cette dramatique aventure est certainement l’une de celles qui passionnèrent le plus l’opinion. Aujourd’hui, après soixante-six ans, le capitaine Osborne émet une hypothèse, basée sur une expérience personnelle.

Lors de mon dernier voyage, expliqua le navigateur, nous passions au large des  Salvage Islands  lorsque nous remarquâmes que le Girl-Pat se trouvait soudain soulevé par un banc de sable. Puis, de lui-même, notre navire se remit à flot, comme si le banc de sable s’était affaissé. Il est donc-possible que la même aventure soit arrivée au Marie-Céleste et que l’équipage ait alors songé à gagner la terre, laissant un ou deux camarades de garde à bord. Les Salvage Islands se trouvent à 300 milles de l’endroit où l’on retrouva le voilier abandonné. Il n’est donc pas impossible que le Marie-Céleste, remis naturellement à flot, comme le Girl-Pat, ait dérivé. Peut-être, alors, une rixe est-elle survenue qui expliquerait la présence du poignant sanglant. En tout cas, j’espère, en allant enquêter aux Salvage Islands, trouver la clé de ce vieux mystère…

Ajoutons, enfin, que le voyage de M. Osborne a vivement intéressé une compagnie cinématographique, car un reporter muni d’un appareil et de pellicule s’embarquera avec lui. On lui prête l’intention de réaliser un documentaire à l’Ile du Diable.

« Ce soir. » Paris, 1939.

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Le mystère et la légende de la Marie Céleste

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Je crois bien qu’on ne saurait trouver une plus mystérieuse aventure. Contentons-nous de rappeler, aussi brièvement que possible, les faits. Ils se suffisent à eux-mêmes. Voici donc :

Le 2 septembre 1872, un splendide vaisseau, la Marie-Céleste, quitte le port de New York, toutes voiles dehors, à destination de Gênes. Il y a à bord le capitaine, un certain Benjamin Griggs, sa femme, sa fille, huit hommes d’équipage (dont un marin faisant fonction de second : Henri Bilson), enfin deux passagers. Les gens superstitieux ne manqueront pas de frémir en considérant ce total : oui, mon Dieu, oui, il y avait treize personnes à bord !

Les jours passent, les mois. Aucune nouvelle de la Marie-Céleste. Le capitaine Griggs n’en était pas à son premier voyage, il avait la réputation d’être un marin prudent, expérimenté, sérieux. L’armateur du voilier continuait à ne pas s’inquiéter. Au reste, quatre mois de navigation pour traverser l’Atlantique ne paraissaient pas, à cette époque, quelque chose de vraiment anormal. En vérité, ce, furent les premières nouvelles qu’on eut de la Marie-Céleste qui devaient faire frémir ses propriétaires. Elles consistaient en une dépêche, envoyée le 9 février 1873 par le consul américain à Gibraltar aux propriétaires du brick. Et que disait cette dépêche ? Elle signalait que, le 3 janvier, un petit voilier anglais, le Dei-Gratias, commandé par le capitaine Morhouse, avait rencontré en plein océan la Marie-Céleste, que la navigation de cette dernière avait attiré l’attention, que des signaux avaient été adressés au voilier, étaient restés sans réponse, que finalement une barque avait été détachée du Dei-Gratias, avait réussi à aborder le trois-mâts et que les marins anglais, montés à bord, avaient eu la stupeur de ne trouver, sur la Marie-Céleste, aucune trace d’homme vivant.

Le problème était exactement posé : personne à bord de la Marie-Céleste, et (c’est ici que les choses s’enveloppent de mystère) et cependant le bateau était resté en parfait état. On ne relevait aucune trace d’avarie, mieux, on ne relevait à bord aucune trace de dispute, de rixe, d’émeute, de drame. Le capitaine Morhouse avait fait la seule chose qui était en son pouvoir : il avait ramené le voilier au port le plus proche : Gibraltar, et avait rédigé son rapport.

L’enquête, on le pense bien, ne s’en tint pas là. Gibraltar connut des heures terriblement émouvantes : qu’étaient devenus les treize passagers de la Marie-Céleste ? Accident ? Un accident, aussi, si l’on peut dire, collectif, était vraiment bien improbable. Crime ? De qui, et pourquoi ? Quel bénéfice le ou les criminels avaient-ils bien pu retirer de leur crime ? Tout était intact à bord. Pas trace de pillage. L’ordre le plus parfait. Et pas la moindre goutte de sang.

Bien mieux : il semblait que l’équipage, le capitaine, sa famille, les passagers eussent quitté le navire depuis quelques minutes à peine. Sur la table du capitaine, un œuf était placé dans un coquetier, la coquille à demi-brisée. Mieux encore : quand le capitaine Morhouse aborda le vaisseau, il constata que, les fourneaux de la cuisine, éteints, étaient encore chauds et que, dans la cabine des passagers, deux tasses étaient pleines d’un thé resté tiède. Les sacs de l’équipage étaient parfaitement à leur place, rien n’y manquait. La soute aux vivres était pleine, rangée. Dans le salon, sur l’harmonium, une partition était ouverte. Des jouets d’enfant traînaient sur le pont. Enfin, au haut d’une armoire, dormait paisiblement, seul être vivant à bord, un petit chat noir.

Le livre de, bord, il est vrai, était arrêté à la date du 4 décembre et (seule note qui parût se rapporter au mystère) sur l’ardoise du maître d’équipage, au-dessous d’une note de service, étaient inscrits ces mots : « Etrange, ma chère femme ! »

Tels étaient les faits. Tels sont les faits. Car l’énigme n’a pas été percée. En vain, les meilleurs policiers anglo-américains, en vain les maîtres du roman policier (Conan Doyle en tête) s’efforcèrent-ils de percer le mystère. Les seules explications auxquelles parvinrent les romanciers ne tenaient pas debout : Conan Doyle supposait qu’un mulâtre, d’une force extraordinaire, avait successivement jeté par-dessus bord ses douze compagnons de voyage, par haine de la race blanche, puis s’était suicidé, en les suivant.

La seule solution sensée (mais en ces matières sensé ne veut pas dire vrai) vient d’un écrivain anglais : il y aurait eu complicité du navire Dei-Gratias. Morhouse et Griggs, d’accord, auraient trouvé un ingénieux moyen de se partager la prime de sauvetage accordée à tout capitaine de bateau qui ramène au port une épave. Et, en effet, la Marie- Céleste était devenue la propriété des marins du Dei-Gratias.

Mais cette explication suppose le silence total, durant de longues années, d’une telle quantité de complices ! N’est-ce pas, cela, aussi, bien invraisemblable ?

La Robertie. « Almanach des coopérateurs. » Limoges, 1932.
Peinture : Charles Temple.

Vaisseaux énigmatiques

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Le vaisseau-fantôme n’est pas une légende. On peut même assurer qu’il existe plusieurs vaisseaux fantômes qui se promènent abandonnés et désemparés de par l’immensité des océans.

Ces jours derniers, un télégramme de Queenstown (Irlande) annonçait que le vapeur américain Narragansett avait rencontré, à 160 milles au large, le vieux cuirassé français Richelieu, qu’on croyait coulé au large d’Ouessant. Et ce n’est pas un exemple unique des vaisseaux abandonnés et qui continuent à flotter sur les eaux.

L’impressionnante gravure en illustration, représente la rencontre émouvante que des pêcheurs français firent dernièrement dans la mer du Nord, d’une de ces dangereuses et fantastiques épaves. Il s’agit d’un voilier danois que son équipage avait abandonné il y a plusieurs mois à la suite d’une collision et qui, depuis lors, erre, lamentable et terrible au gré des courants et des vents.

« Le Petit journal. » Paris, 1911.