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La valse

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walzeLa valse n’a pas pris naissance en Allemagne, car, d’après un manuscrit du douzième siècle, elle fut dansée pour la première fois à Paris le 8 novembre 1478.

Elle était déjà connue en Provence sous le nom de Volta. Le chant qui l’accompagnait était désigné par le titre de Pallada. Elle vint de Provence à Paris, fut à la mode pendant tout le seizième siècle et fit les délices de la cour des Valois. Les Allemands l’adoptèrent ensuite, et la Volta provençale devint la Walzer germanique.

L’un des poètes de la Pléiade, dans un volume qui a pour titre : la Volta, raconte ainsi l’origine de la valse : Les êtres primitifs étaient nés androgynes. Jupiter, épouvanté de leurs formes monstrueuses, sépara les sexes. Ainsi dédoublés, l’homme et la femme dépérirent. Vénus prit pitié d’eux, et leur enseigna la Volta, qui réunit de nouveau les deux êtres. Après cette poétique explication, l’auteur s’efforce d’imiter dans son rythme le tournoiement des valseurs :

Lors de bouquets enfleura ses cheveux
Et ordonna la vote de Provence,
Qui est encore le lien malheureux,
De l’androgyne une douce semblance.
Mars flanc à flanc premier elle embrassa;
Luy, tout ravy d’amour qu’elle lui porta,
Sans se lasser, tout un soir la dansa,
Tournant, voltant d’une divine sorte.

Un vieil auteur du seizième siècle a parlé, lui aussi, de l’introduction de la valse à la cour de France, le 9 novembre 1178, et blâme sévèrement Louis VII d’avoir favorisé cette danse.

« Almanach de France et du Musée des familles. »  Paris, 1884.

 

La valse de Zimmer

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offenbach

Celui, dont on joue, avec le succès que l’on sait, la Belle Hélène, à la Gaîté-Lyrique, connut de son vivant la grande gloire. Cela ne l’empêcha pas d’être toujours très bon pour ses confrères.

Jacques Offenbach fut vraiment compatissant aux misères des ratés et de ceux à qui la veine ne voulait pas sourire. Il rechercha, pendant des années, un compositeur de musique viennois, Zimmer, auteur d’une valse dont il ne savait que les huit premières mesures et que sa mère lui chantait dans sa première enfance, pour l’endormir. Ce Zimmer, qui avait eu des débuts brillants, cessa de composer de la musique à partir du jour où celle qu’il aimait mourut de phtisie galopante. Dès lors, il connut la gène.

Offenbach mit tout en oeuvre pour le retrouver mais ne le découvrit que trop tard à Vienne. Zimmer mourait littéralement de faim. Offenbach le recueillit et le fit soigner. Quelques jours après, Zimmer s’éteignit. Il ne put jouer à Offenbach la fameuse valse. Il l’avait oubliée.

« Parisiana. »  Paris, 1920.

Nouvelle valse

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valse-le-guepard

On annonce que Johann Strauss, le célèbre chef d’orchestre viennois, vient de composer une nouvelle valse, la « Valse-Menuet ».

Cette valse se divise en deux parties : la première, d’allure lente et modérée; la seconde, d’un mouvement rapide de valse viennoise, ce qui permettra aux danseuses de choisir deux cavaliers pour la même valse : un pour danser et flirter en même temps, l’autre pour tourbillonner classiquement. On ajoute que cette nouvelle danse sera inaugurée au bal de charité que donnent tous les ans les membres de l’aristocratie viennoise.

L’auteur du Danube a remarqué que nos jeunes gentlemen se fatiguaient du tournoiement continu de la valse classique, et il a voulu leur ménager le plaisir de flirter une valse au lieu de la danser. Ils sont délicats, ces jeunes gens.

« De mon temps » nous menions tout cela de front.

M. Champimont. « Le Voleur illustré : cabinet de lecture universel. »  Paris, 1890.
Illustration : scène du film « Le guépard », Luchino Visconti, 1963.

Les danses défendues

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polka

L’émotion est grande dans les paroisses catholiques romaines du Massachusetts; elle est causée par une lettre épiscopale de l’évêque, W. Stang, interdisant les danses grossières et lascives dans lesquelles il comprend la valse, la polka, le galop, et d’autres encore, bien enfantines.

L’évêque regrette d’entendre que la valse devient de plus en plus répandue; il la condamne comme indécente et invite les catholiques à ne pas même la voir danser.

« Le Monde artiste. » Paris, 1906.

Une valse avec le diable

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diable

Au printemps 1875, un bruit qui courut à Danzig sur un événement merveilleux qui devait avoir eu lieu dans une salle, de danse, « au Vignoble », située dans le faubourg de Schidlitz, mit en mouvement toute la domesticité féminine de la ville. Au bout de quelques jours, l’affaire était devenue le sujet de toutes les conversations dans les auberges et dans les magasins fréquentés par les gens de petite condition.

On disait que l’un des derniers dimanches, une servante était allée à confesse et à communion. Malgré les remontrances de sa mère, honnête blanchisseuse, qui lui représenta qu’elle ne devait pas profaner ce jour par des réjouissances mondaines, elle n’avait pu résister à la tentation et était allée le même soir danser au « Vignoble ». La punition de son impiété ne se fit pas attendre. Vers minuit, elle vit venir à elle un étranger élégamment vêtu, avec des cheveux noirs et des yeux de feu, noirs comme du charbon, qui l’engagea à une valse. Elle se laissa aller au plaisir de s’appuyer sur son bras; il dansait avec une grâce parfaite, mais de plus en plus vite.

Bientôt les autres danseurs s’arrêtèrent pour regarder ce couple qui continuait toujours à tourner. L’orchestre était placé sur une tribune parée des attributs de tous les métiers. L’un des musiciens fixa avec plus d’attention le couple dansant, et qu’éprouva-t-il quand il remarqua que l’étranger avait le pied fourchu de Satan ! Il y rendit attentifs ses camarades, et, au beau milieu de la valse qu’ils jouaient, ils changèrent d’air et entonnèrent un cantique religieux.

L’heure de minuit sonnait. Alors le diable attira à lui plus fortement sa danseuse, et, dans un furieux tourbillon, il passa avec elle à l’autre bout de la salle, et traversa la fenêtre dont les carreaux brisés la couvraient encore quand on la trouva dans le jardin tout endolorie, couchée sur l’herbe verte. Le diable avait disparu.

La vérité de ce récit fut si généralement admise dans le monde des ouvriers et petits artisans, que le théâtre de cette action prétendue, qui jusque-là avait reçu de nombreux visiteurs, fut quelque temps abandonné. Il n’y eut plus moyen de décider une jeune fille à y aller danser.

« Mélusine. » Paris, 1878.