ventriloquie

L’ours parlant

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ours bateleurUn magazine rapporte, d’après un texte anglais, une curieuse anecdote relative à l’effet produit, au dix-huitième siècle, dans un petit village de l’Angleterre, par un ventriloque faisant parler un ours.

Un jour de marché, dans le petit village d’Hopfield, la foule se pressait autour d’un ours savant que montrait un bateleur. Un voyageur tant soit peu ventriloque, qui se trouvait parmi les curieux, s’approcha du bateleur et d’un ton très sérieux, lui demanda si son ours parlait.

 Interrogez-le et vous saurez, répond le bateleur croyant à une facétie de mauvais plaisant.

Le ventriloque s’approche de l’ours et lui demande :

 De quel pays êtes-vous, mon gentleman ?
Des Alpes, en Suisse, répond l’ours d’une voix sonore.

Les spectateurs saisis d’étonnement se reculent de quelques pas. Le ventriloque continue :

 Y a-t-il longtemps que vous appartenez à votre maître ?
— Assez longtemps pour que j’en sois ennuyé, répond l’ours.
— Est-ce qu’il n’est point bon pour vous ?
— Oh ! oui, répond l’ours, comme un forgeron avec son enclume.
— Et que ferez-vous pour vous venger ?
— Un de ces jours, je le mangerai comme une rave à mon déjeuner.

A ces mots la foule se recule précipitamment, avec terreur. Le bateleur veut tirer la chaîne de l’ours, mais celui-ci fait entendre un sourd grognement, et la foule épouvantée, croyant que l’ours allait mettre sa menace à exécution, s’enfuit éperdue de toutes parts.

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la ventriloquie a été considérée comme sorcellerie et pour certains savants fanatiques ne s’expliquait que par l’intervention du démon en personne. Ce n’est guère qu’en 1770 que l’Académie des Sciences étudia sérieusement la ventriloquie et essaya de l’expliquer.

« L’Indépendant de Mascara. » 26 août 1886.

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Darci Lynne Farmer

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Engastrimysme

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amoureux

Le mot  engastrimysme (ou ventriloquie) exprime une manière de parler dans laquelle la voix paraît sortir de l’estomac ou du ventre, bien que réellement les sons soient articulés dans la bouche et dans le pharynx ou le gosier.

Tout le mécanisme de l’engastrimysme  « consiste, d’après Richerand, dans une expiration lente et graduée (filée en quelque sorte), expiration qui est toujours précédée d’une forte aspiration, au moyen de laquelle le ventriloque introduit dans ses poumons une grande masse d’air, dont il ménage ensuite la sortie. » L’abbé de la Chapelle, qui a composé un ouvrage ex professo sur cette matière, nous apprend qu’un nommé Saint-Gilles, marchand épicier à Saint-Germain-en-Laye, s’était, de son temps, rendu fort célèbre dans l’art engastrimytique. Voici une anecdote curieuse qu’il rapporte au sujet de ce ventriloque fameux :

Un jeune homme marié depuis trois ans vivait dans le meilleur accord avec sa femme, lorsqu’une étrangère vint lui inspirer une passion criminelle. On essaya vainement de ramener ce jeune homme à son devoir. Il s’abandonnait à tous les excès, outrageant à la fois et l’hymen et les bonnes mœurs dans sa nouvelle liaison.

Saint-Gilles se charge de le convertir. Il l’attire dans un lieu solitaire, et là il lui fait entendre ce discours solennel :

« Jeune homme, tu as mis hier une prostituée dans ses meubles. Tes parents sollicitent contre toi une lettre de cachet : si tu ne rentres promptement dans ton devoir, tu périras dans une prison, et après ta mort tu seras livré aux flammes éternelles. »

Le coupable, effrayé, chercha longtemps et inutilement d’où pouvait partir cette voix. Persuadé qu’elle tenait du prodige, il alla se jeter aux pieds de sa femme, et y abjura son erreur.

« Physiologie catholique et philosophique. » Pierre Jean Corneille Debreyne. Paris, 1872.

Les ventriloques

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sorcière

Pendant qu’on reparle sorciers et sorcellerie, la ventriloquie est de circonstance. Elle rentre, en effet, dans le domaine de la sorcellerie, et les ventriloques furent plus d’une fois accusés de magie, au péril de leur liberté et même de leurs jours ! 

Il semble que quelques-unes des sorcières réputées du Moyen Age aient été d’habiles ventriloques. En voici un exemple que cite la Nature.

Vers la fin du seizième siècle, une petite vieille se montrait en Italie et conversait à haute voix avec un démon qu’elle appelait Cincinnatulus. Elle fut examinée notamment, dans la ville de Rovigo, par Coelius Rodiginus, qui entendit distinctement une voix qui partait du ventre de cette femme. Celle-ci était donc manifestement possédée du démon.

« J’ai souvent, dit-il, ouï la voix de cet esprit immonde, fort gresle et toutefois entendible en tous les mots, parlant des choses présentes et passées, au grand estonnement de tous. Mais pour le regard de ce qui estoit à venir plus souvent vain et mensonger. »

Vers la même époque, une femme ventriloque, nommée Cécile, vint à Lisbonne. Elle faisait varier sa voix de telle sorte que celle-ci semblait sortir, d’après les historiens du temps, parfois de son pied, de sa main, de son cou ou de différentes parties de son corps. Elle interrogeait un être invisible qu’elle appelait Pierre-Jean et qui répondait, d’une voix claire et distincte, à toutes ses questions. 

Arrêté, jugée et convaincue d’être sorcière et possédée du démon, elle eut la chance d’échapper au bûcher et fut déportée à vie à l’île Saint-Thomas.

« La Revue des journaux et des livres. » Paris, 1885.