violoniste

Les restes de Niccolò

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On lit dans le Parlamento de Turin : 

Il y a plus de dix ans que le célèbre violoniste Paganini est mort sans sacrements. L’évêque lui a refusé la sépulture en terre sainte. Son héritier a fait déposer provisoirement le corps, de Paganini dans un endroit particulier, et il a ouvert une instance. 

Ayant perdu son procès devant la cour de Nice, il a interjeté appel devant la cour archiépiscopale de Gènes, qui a ordonné que le corps de Paganini fût inhumé dans le cimetière ordinaire. Le ministère public près la cour de Nice a interjeté l’appel, et la cour de Turin, saisie de cet appel, a confirmé l’arrêt de la cour de Gènes. Dans les tribunaux
ecclésiastiques, il faut trois sentences conformes pour exclure tout appel. Le ministère public de Nice a interjeté appel de la dernière sentence devant les juges que désignerait le Saint-Siège. 

Ainsi, depuis dix ans, il n’a pas encore été décidé formellement dans quel lieu les restes mortels de Paganini recevront la sépulture. 

« Journal des arts, des sciences et des lettres. » Paris, 1865.

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Einstein et le petit violoniste 

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Le monde musical allemand est dans l’enthousiasme. Un jeune garçon de douze ans, Jehudi Menuhin, s’est révélé prodigieux violoniste.  

Ce wunderkind a exécuté dernièrement à Berlin trois concertos des trois grands B (Bach, Beethoven et Brahms) avec une telle maîtrise que le public lui a fait une immense ovation. L’orchestre était dirigé par Bruno Walter, un des plus célèbres Kapellmeister d’Allemagne.

Albert Einstein, qui était dans la salle, tint à féliciter le petit virtuose : 

« Mon cher petit, lui dit-il, les larmes aux yeux, voilà bien, des années que je n’ai pas éprouvé une émotion semblable à celle que vous m’avez donnée aujourd’hui. » 

A l’Opéra de Dresde, Jehudi Menuhin a remporté un succès aussi vif qu’à Berlin. Nous aurons bientôt, paraît-il le plaisir de l’entendre à Paris. Cet enfant est nè à San-Francisco. Ses parents, qui l’accompagnent en Europe, sont des israélites de modeste origine qui ont émigré de Palestine aux Etats Unis. Comme on leur demandait de qui leur fils pouvait bien avoir hérité ce génie musical, ils répondirent que son grand-père était un rabbi de la secte des Hassidistes, et que sa ferveur religieuse était peut-être à l’origine de cette précocité, musicale du petit-fils.

« L’Européen. » Paris, 1929.

Paganini et le cocher

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paganini

Un soir, à Florence, le grand violoniste, sortant de son hôtel, saute dans une voiture et se fait conduire en toute hâte au théâtre.

La distance à parcourir n’était pas grande, mais il se sentait presque en retard pour son concert, et il savait bien d’avance que le public l’attendait avec une sorte de fièvre, désireux de lui entendre exécuter surtout, parmi les morceaux annoncés, la fameuse prière de Moïse sur une seule corde. Arrivé à la porte du théâtre : 

Combien vous dois-je ? demande-t-il au cocher.
— Pour vous, lui dit celui-ci, qui l’avait reconnu, c’est dix francs.
— Comment dix francs ? Vous plaisantez, sans doute.
— Je parle très sérieusement, c’est le prix que vous prenez pour une place à votre  concert.

Paganini reste un moment silencieux, puis, regardant l’automédon gouailleur, il lui dit, tout en le payant largement : 

Je vous donnerai dix francs quand vous me conduirez sur une seule roue.

« Emile Marsy. « Le Rappel. » Paris, 1894.

L’empereur et le piano

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Salle_Pleyel_-_Camille_Saint-Saëns,_Pablo_de_Sarasate,_Paul_Taffanel,_1896_(2)

L’empereur d’Allemagne déteste le piano. Cependant, l’autre jour, il a vivement complimenté le pianiste qui accompagne le violoniste Sarasate. Le pianiste qui connaît l’aversion de l’empereur pour son instrument, avait joué extrêmement bas.

A la bonne heure, lui a dit le souverain. Je ne connais que vous qui sachiez bien jouer ; j’ai à peine entendu le piano, pendant que vous accompagniez le violoniste.