volonté

Les tocs de Zola

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Il y a, chez bien des personnes, sensées d’ordinaire, une impulsion intérieure, une sorte de force mystérieuse qui les pousse à accomplir des niaiseries, des actes qu’elles réprouvent à la réflexion, dont elles sont mécontentes et même humiliées, et dont elles sont les premières à rire quand on les leur reproche. Elles ne songent même pas à résister à cette force intérieur, qui serait beaucoup plus puissante que leur volonté, tant les actes qu’elle commande leur semblent anodins, et cela devient vite une habitude dont elles ne peuvent plus se débarrasser.

L’acte est, ou superstitieux (et c’est alors le fétichisme), ou absolument sans raison et sans but, et c’est l’excentricité, la manie, que nous appelons de nos jours la loufoquerie.

C’est ainsi qu’Emile Zola, au dire du Dr. L. Porcheron, comptait dans la rue les becs de gaz, les numéros des portes, des fiacres, et les additionnait. S’il ne sortait pas de chez lui du pied gauche, il craignait de ne pas réussir dans une démarche qu’il allait entreprendre. Et, cependant, l’auteur de La Terre avait un cerveau aussi puissant que bien équilibré, et ces petites faiblesses d’esprit étonnent chez un homme de sa valeur.

« Almanach du Petit Parisien. » Paris, 1924.