vouvray

Laissez-nous nos fontaines Wallace

Publié le Mis à jour le

fontaine-wallace

La municipalité parisienne serait à la veille de prendre une grave décision. Elle méditerait la suppression des fontaines Wallace ! C’est, disons-le bien haut, une drôle d’idée…

Ces fontaines, outre qu’elles répondent au voeu respectable et formel de sir Richard Wallace qui les fit installer à ses frais, ne sont ni laides, ni sales, ni très encombrantes. De plus, elles complètent la physionomie du Paris ancien. Chacune d’elles est une succursale de cette Brasserie des Trois Femmes chère à nos pères. On se démande ce qu’elles ont bien pu faire pour mériter l’ostracisme qui les menace.

De leur décision, nos édiles donnent, il est vrai, une raison qui, du premier abord, semble péremptoire. Ils prétendent que les Wallace n’ont plus aucune utilité, les Parisiens d’aujourd’hui n’aimant plus assez l’aqua simplex pour en venir déguster un gobelet sur la place publique.

Bien sûr, mais aussi pourquoi s’obstiner à faire couler de l’eau dans les fontaines publiques ? Nous sommes convaincus que le jour où les Wallace se mettront à débiter un petit beaujolais de bonne provenance, un vouvray estimable ou un honnête bordeaux, la vieille Brasserie des Trois Femmes aura tôt fait, de retrouver son ancienne vogue.

Sans compter que cette ingénieuse solution contribuerait, dans une certaine mesure, à combattre la terrible crise de mévente dont souffrent nos sympathiques vignerons du Midi !

«  Le Quotidien de Montmartre : journal hebdomadaire. »  Paris, 1930.
Illustration : « La chaleur à Paris. » Groupe de personnes se faisant servir de l’eau près d’une fontaine Agence Rol. 1911.
Non aux nouveaux kiosques à journaux Parisiens : gardons l’esprit du Paris d’antan !
Publicités