voyageurs

Le train-surprise

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train

Une compagnie anglaise de chemins de fer vient de tenter une assez singulière expérience afin de ramener à elle les voyageurs dont le nombre diminue depuis quelque temps. 

Son directeur, humoriste et psychologue, a trouvé le moyen d’éviter au voyageur la fatigue d’une décision à prendre. Ni le préposé à la délivrance des billets, ni le client, ne doivent soupçonner le but du voyage. Peut-être le mécanicien l’ignore-t-il lui-même. Un train de plaisir est prêt à rouler vers l’inconnu. On sait l’heure du départ, on ignore celle de l’arrivée, et l’on ignore surtout la direction. Un tarif unique permet l’accomplissement de ce miracle. 

Au bout de 6 ou 12 heures de voyage, les amateurs d’imprévu se trouvent transportés en telle ou telle ville célèbre pour ses monuments, au bord de telle plage à la mode ou au pied de telle montagne. 

Ce train-surprise obtient le plus vif succès ! 

« L’Européen. » Paris, 1932. 

Police d’élite

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policier.

Place de l’Opéra, les voyageurs qui attendaient l’autobus étaient, ces derniers temps, dévalisés par d’adroits pickpockets.

On mit un inspecteur en faction : il fit son devoir et, attentif à son service, n’attacha pas assez d’importance à un voyageur pressé qui le bouscula… et lui vola son portefeuille contenant 500 fr.

Le brave inspecteur a porté plainte, tout comme un simple mortel, au commissariat voisin !

« Le Détective. »  Paris, 1927.

Défense de ronfler

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Honoré-Daumier

Que ce soit en wagon, à bord d’un paquebot ou en tout autre dortoir provisoire et obligé… il n’est rien de plus désagréable que d’être réveillé tout à coup par le ronflement sonore du compagnon endormi à côté de vous. Certains voyageurs, affligés de cette infirmité et d’un organe puissant deviennent pour leurs voisins, mal protégés par les minces cloisons des hôtels modernes, de véritables bourreaux.

On a proposé divers moyens d’arrêter net cette musique de chambre : siffler dans l’oreille du dormeur, lui pincer les narines, mais ces moyens, souvent illusoires, ne vont pas sans quelque difficulté d’exécution.

Les Anglais, grands voyageurs et amis du confortable, ont cherché à faire mieux. Une compagnie s’est fondée au capital de 100.000 livres, dans le but humanitaire de remédier efficacement à cet état de choses déplorable.

L’ingénieux appareil de la « Sanitary Investment Company », non seulement supprime le ronflement, mais encore il empêche les rides, préserve des maladies infectieuses et procure à ceux qui en usent des rêves paradisiaques !

Qu’on se le dise…

« L’Universel : magazine hebdomadaire. »  Paris, 1903. 
Illustration : Honoré Daumier.

Ponts hantés

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paysage-peur

Certains ponts  passent pour être hantés, et les voyageurs peureux ne se hasardent pas trop à y passer à une heure avancée de la nuit. Dans la commune de Saint-Gérand (Morbihan), se trouvent deux de ces ponts situés sur le canal de Nantes à Brest.

Les gens de l’endroit racontent que l’un d’eux, le pont de Kergoet, est hanté la nuit par une femme qui vient laver du linge auprès. On dit que c’est une femme épileptique qui s’est noyée près de ce pont en lavant du linge et qu’elle y revient pour faire sa pénitence. Si elle pouvait toucher un passant elle l’entraînerait dans le canal, où elle a, dit-on, son trou, mais les gens qui passent en cet endroit ont bien soin de s’écarter le plus possible du lieu où elle vient laver.

L’autre pont hanté est celui de Saint-Caradec sur lequel passe le chemin de fer (ligne de Saint-Brieuc à Vannes). Il y vient la nuit un esprit qui crie comme s’il demandait du secours. Plusieurs personnes affirment l’avoir entendu crier, et croyant que c’était quelqu’un qui appelait au secours elles se hâtaient de courir à son aide. Mais avant d’être arrivées au pont, elles voyaient comme la silhouette d’un homme se précipiter dans l’eau qui bouillonnait comme si elle recevait un corps quelconque. Arrivées sous le pont, elles n’entendaient, elles ne voyaient plus rien.

« Société des traditions populaires. »Musée de l’homme; Paris, 1892.

Qu’on se le dise !

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gare

La direction des chemins de fer vient de décider que, pendant la prochaine saison des voyages, tous les chapeaux de curé de plus de 80 centimètres de diamètre seront considérés comme roues de bicyclettes ou de chars dont on leur appliquera le tarif. Ils devront donc être déposés aux bagages.

La raison en est que ces chapeaux sur les têtes des ratichons empêchent les voyageurs de contempler le paysage.

Le voilà, le « chapitre des chapeaux »

« Almanach de La Calotte. »  Paris, 1911.