wagon

Mon train à moi !

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train-dessin

On connaissait des souverains qui se payaient la coûteuse fantaisie d’un théâtre pour eux tout seuls. On connaît sur ce point les originales exigences du feu roi de Bavière, Louis II.

Voici qu’un lord anglais, le marquis de Dewonshire, s’est offert le luxe d’un chemin de fer qu’il exploite en personne. Il s’est fait construire une voie ferrée qui, avec des sinuosités, passe à travers ses propriétés sur une longueur de dix milles anglais. Le matériel consiste en une locomotive, un tender et un wagon pour les voyageurs, décoré princièrement.

A chaque départ, les plus jeunes membres de la famille, y compris les dames mêmes remplissent les fonctions de garde-voie ou d’aiguilleurs en se tenant avec leurs pavillons à signaux près de leurs maisonnettes de gardes. Le marquis chauffe lui-même la chaudière, il monte ensuite sur la locomotive et la lance à travers l’espace avec tous ses hôtes, à la vitesse de quarante milles anglais à l’heure.

Très souvent, il donne l’alarme à son personnel de chemin de fer, c’est-à-dire à sa famille, au beau milieu de la nuit. Ses hôtes se jettent à bas de leur lit, courent au wagon, qui bientôt dans une course folle dévore l’espace sous les flots de lumière électrique qui éclaire le paysage.

« Le Réveil de la Haute-Saône. »   Vesoul, 1895.
Illustration : activitesbebes.com

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Un petit malin

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gare

Il y a quelque temps, la fanfare d’une petite ville prenait le train pour se rendre au chef-lieu du département où avait lieu un concours de musique. A un changement de train, ils ne trouvèrent pas de place : tous les compartiments étaient bondés.

Attendez, déclara le chef, j’ai un truc.

Coiffé de sa casquette galonnée, il se dirige vers la queue du train :

Ce wagon reste en gare ! Tout le monde descend ! 

Les voyageurs descendent précipitamment et… la fanfare s’installe à leur place.

Un quart d’heure se passe…

Nous devrions être partis, déclare un musicien.

On regarde par la portière : le wagon est seul sur la voie. On descend, on s’explique et on apprend qu’un nouvel employé, ayant pris le chef de musique pour un important personnage de la Compagnie, avait détaché le wagon.

Depuis, les musiciens n’ont plus aucune confiance dans les trucs du chef !

« Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous. »  Clermont-Ferrand, 1938.

Défense de ronfler

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Honoré-Daumier

Que ce soit en wagon, à bord d’un paquebot ou en tout autre dortoir provisoire et obligé… il n’est rien de plus désagréable que d’être réveillé tout à coup par le ronflement sonore du compagnon endormi à côté de vous. Certains voyageurs, affligés de cette infirmité et d’un organe puissant deviennent pour leurs voisins, mal protégés par les minces cloisons des hôtels modernes, de véritables bourreaux.

On a proposé divers moyens d’arrêter net cette musique de chambre : siffler dans l’oreille du dormeur, lui pincer les narines, mais ces moyens, souvent illusoires, ne vont pas sans quelque difficulté d’exécution.

Les Anglais, grands voyageurs et amis du confortable, ont cherché à faire mieux. Une compagnie s’est fondée au capital de 100.000 livres, dans le but humanitaire de remédier efficacement à cet état de choses déplorable.

L’ingénieux appareil de la « Sanitary Investment Company », non seulement supprime le ronflement, mais encore il empêche les rides, préserve des maladies infectieuses et procure à ceux qui en usent des rêves paradisiaques !

Qu’on se le dise…

« L’Universel : magazine hebdomadaire. »  Paris, 1903. 
Illustration : Honoré Daumier.

Economies

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wagon-poste

L’Administration des postes a décidé de réduire la dépense en charbon des wagons-poste. Naturellement, on procède aux statistiques.

Un inspecteur, muni d’un thermomètre, effectue chaque jour un voyage sur une ligne. A chaque station, il descend de son wagon de première classe, monte dans le wagon poste, brandit son thermomètre, prend des notes, remonte dans le wagon de 1ère classe. Il lui est alloué 25 francs supplémentaires par jour.

N’aurait-on pu confier le thermomètre au chef du personnel ambulant ? On eût économisé une place en première classe. Cela eût certainement été moins illusoire que l économie que l’on réalisera dans le chauffage des wagons-poste. L’inspecteur serait resté à son bureau et les finances de la République s’en seraient mieux trouvées.

« Le Carnet de la semaine. »  Paris, 1917.
Illustration : Wagon poste. Le tri du courrier dans un wagon. Photographie de presse.Agence Rol. 1913.

Le centenaire de la locomotive

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Richard-Trevithick...

Combien, parmi les voyageurs qui, le 4 décembre dernier, confièrent leur personne aux caprices d’une locomotive, se doutaient-ils que l’ancêtre du monstre de fer essaya ses premiers pas cent ans auparavant ? Ah ! les débuts ne furent pas éclatants et n’allèrent pas, sans anicroches.

C’est notre confrère le Vélo qui nous l’apprend :

On vient de célébrer en Angleterre, sans grand tapage, le centenaire d’un des événements les plus considérables de la science moderne. C’est, en effet, le 24 décembre 1801 que Trevithick et Vivian montrèrent la première locomotive digne de ce nom.

Si Joseph Cugnot fut le créateur de la voiture automobile, Trevithick fut le vrai créateur de la locomotive, ayant eu le premier l’idée géniale de placer sa voiture sur des rails.

L’expérience eut lieu sûr la route de Camborne à Tchidy. La nouvelle machine put traîner une charge de 10 tonnes et 70 voyageurs à une vitesse de 8 kilomètres à l’heure.

Au bout de quelques milles, le moteur eut une panne et un peu plus loin démolit sa cheminée qui était en briques, au passage d’un pont. Malgré ces incidents, le nouveau véhicule parvint à terminer son voyage d’environ 20 kilomètres.

Plus de cinquante ingénieurs, directeurs de mines et notabilités du monde des chemins de fer assistaient à la célébration de cet intéressant centenaire organisé par la municipalité de Camborne. 

Que dites-vous de ces huit kilomètres à l’heure, quand une machine récemment construite se permettait du cent soixante ?

Il est vrai qu’elle a commencé sa brillante performance par l’écrabouillement de son malheureux inventeur…

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1902. 
Illustration : Extract of Terence Cuneo’s painting of the Trevithick trial, see Ellis, The Lore of the Train.