Walter Raleigh

Le poids de la fumée

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Walter-Raleigh

Voici une anecdote  qui attribue à sir Walter Raleigh l’honneur d’avoir, à propos du tabac, inauguré l’emploi de la balance pour les pesées par différence, auxquelles les chimistes ont journellement recours, depuis Lavoisier, dans leurs analyses.

Le favori assurant un jour galamment sa royale maîtresse qu’il n’était pas de difficulté qu’un désir exprimé par elle ne le rendît capable de surmonter :

En vérité ! s’écria la reine Élisabeth, je gage pourtant que vous ne pèseriez pas la fumée de votre pipe.
Je tiens le pari de Votre Majesté, répondit Raleigh après un instant d’hésitation.
— Oh ! voyons comment vous le gagnerez.

Un page reçut aussitôt l’ordre d’apporter au baronnet sa pipe, du tabac et les balances les plus justes qu’il pourrait trouver. La pipe étant chargée, Raleigh en pesa le fourneau. Puis il l’alluma, la fuma jusqu’au bout, en ayant soin de ne pas laisser tomber la moindre parcelle de cendre. Enfin, lorsque le tabac fut entièrement consumé, il mit de nouveau la pipe dans la balance. Il était évident que la différence entre le poids primitif et le poids trouvé dans la seconde pesée représentait exactement celui des produits volatils de la combustion, c’est-à-dire de la fumée.

Raleigh avait gagné son pari…

« Voyage scientifique autour de ma chambre. »  Arthur Mangin, Paris, 1886.
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