whisky

L’ivrogne

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coqIl existait à Falkirk, un petit coq de la race appelée bantam, dont les habitudes étaient assez extraordinaires, et font voir jusqu’à quel point les animaux peuvent prendre goût à des choses qui semblent tout à fait contraires à leur nature.

Par quelque circonstance, sans doute fortuite, notre petit gallinacée se trouva un jour en présence d’un verre de whisky. Loin d’imiter son confrère à la perle, il osa aborder ce limpide breuvage, et il le trouva si fort de son goût, que, depuis lors, il prenait hardiment sa place à table, toutes les fois qu’il voyait couler le nectar écossais. Rien n’était plus comique que de voir son impatience et le battement réitéré de ses ailes, pour obtenir une seconde ration, quand il avait savouré la première. Sa hardiesse alors tenait de la témérité : il éperonnait vigoureusement les mains de celui qui cherchait à lui enlever sa pitance.

Après sa petite bacchanale, s’il n’était pas le coq le plus fort du canton, il en était du moins le plus impertinent et le plus courageux. Du haut de son fumier, il proclamait avec force sa supériorité et sa bonne humeur.

Illustration : Xu Beihong.

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Les malandrins de Chicago

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gangsters-chicagoChaque ville a sa petite spécialité gastronomique, architecturale ou pittoresque dont elle est fière : Marseille a sa Canebière, Dijon a sa moutarde, Nice a son Carnaval,  Le Caire a ses âniers, Paris a ses députés, Venise a ses gondoliers… Chicago a ses bandits.

Ils sont réputés dans le monde entier, les bandits de Chicago, et il ne se passe guère de semaine sans que l’univers retentisse du bruit de leurs exploits. Leur effectif s’élève dit-on à 50 000 hommes, dont les meilleurs « professionnels » formant l’élite de la corporation, sont organisés en plusieurs troupes rivales commandées par d’illustres gangsters, Bugs-Moran,_Al Capone et tutti quanti… Ces grandes compagnies qui souvent se livrent entre elles de véritables batailles rangées, image de la guerre civile, possèdent un outillage particulièrement soigné : mitrailleuses, autos blindées, canons, grenades, laboratoires de bombes et de gaz toxiques… Ce qui leur permet -de tenir en échec la police, fort bien armée elle aussi, et très active.

La ville de Chicago est donc le fief incontesté des malandrins et des bootleggers, et c’est là seulement qu’on peut assister à ce fameux et étrange spectacle, unique au monde, connu sous le nom de « Show Up ».gangstersLe Show Up est une exposition de malfaiteurs, que la police organise deux fois par semaine dans ses bureaux, le mercredi soir et le samedi après-midi. On amène là, et on place sur un rang, bien en vue, comme pour un concours de beauté, tous les gens sans aveu arrêtés dans les dernières rafles. Le public est invité à entrer (principalement les citoyens qui ont été victimes ou témoins de vols ou de violences dont les auteurs ont réussi à s’échapper), à examiner les sujets présentés, et s’il y a lieu, à les reconnaître et à dénoncer leurs forfaits.

Cependant, les bandes bien administrées possèdent une caisse de défense contre la justice, de sorte que les malfaiteurs sont pécuniairement soutenus dans leurs procès : on leur donne de bons avocats, on achète des témoins en leur faveur, on essaie de graisser la patte aux juges. De sorte que beaucoup d’entre eux peuvent poursuivre jusqu’au bout leur carrière, tel Al Capone. Celui-ci ayant fait fortune dans la vente illicite des bières et du whisky, aspire maintenant au repos complet et projette d’abandonner son titre et ses fonctions de chef de bande. En outre, il ne veut plus remettre les pieds à Chicago.al-caponeSon intention est de vendre sa propriété de Palm Beach, en Floride, qui fut le théâtre de nombreuses difficultés cadrant mal avec sa dignité de millionnaire, et de faire construire, à 30 milles au nord de Miami, un autre domaine. Sa nouvelle propriété aura une étendue de 1400 ares et sera entourée d’un mur de construction solide d’une hauteur de trois mètres, car, a-t-il dit, « il y a maintenant tellement de malhonnêteté… »

« Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous. » Paris, 1930.

Bains

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amidon-ondine

Les journaux américains racontent gravement que M. Rockefeller, l’homme aux cinq milliards, prend des bains de whisky (un volume de whisky pour trois ou quatre d’eau).

Les mauvaises langues disent qu’il y a là-dessous une affaire d’alcool qu’on veut lancer. Rappelons cependant aux amateurs de bains pittoresques que Pauline Borghèse ne prenait que des bains de lait. La Païva mit à la mode les bains de fraises et de framboises écrasées dans l’eau de roses. La Mogador se baignait dans du champagne, faisant mettre en bouteille, ensuite, pour ses amis, le contenu du bain.

Mme Réjane veut que la surface de l’eau de son bain disparaisse sous une couche de violettes fraîches, et la Tortajada  se plonge dans du thé.

« Chronique médicale. »  Paris, 1911.